LIEUX HISTORIQUE

Abbaye de Saint Victor (Emplacement – disparue)

Abbaye

Adresse : 4 Rue Linné, 75005 Paris, France

« Il existait depuis longtemps, dans l’emplacement occupé par les bâtiments de cette abbaye, une petite chapelle dédiée à Saint- Victor; elle était déjà érigée en prieuré lorsqu’en 1108 Guillaume de Champeaux , épuisé par ses efforts pour soutenir sa réputation dans l’École épiscopale de Paris, se retira dans ce prieuré. Il y avait établi ou avait déterminé Louis VI le Gros à y établir un chapitre de chanoines réguliers, avec titre d abbaye; cet établissement fut doté par une charte de ce roi, en l’an 1112, et confirmée par une bulle du pape Pascal II.

Le cloître fut ensuite édifié au cours du XIIIe siècle.

Le premier abbé ne fut pas Guillaumede Champeaux, mais Gilduin, son disciple ; Thomas en fut prieur. En se retirant à Saint-Victor, Guillaume de Champeaux y continua d’enseigner la jeunesse.

Abeilard lui-même assista à ses leçons ; bientôt après l’école de Saint-Victor devint une des plus célèbres de France. Le désir naturel de surpasser ses semblables par une supériorité de connaissances acquises, n’était pas le seul stimulant qui portât la jeunesse à l’étude ; un mobile plus puissant agissait sur elle, et lui faisait braver tous les dégoûts de l’école : l’ambition et l’espérance bien fondée de parvenir aux dignités ecclésiastiques et de posséder les honneurs qui en dépendaient.

Depuis les premiers règnes des Capétiens, on avait renoncé à l’usage antique de ne conférer des évêchés, des abbayes, etc., qu’aux personnes de la caste nobiliaire. Les évêques de cette caste étaient si ignorants et si adonnés à la débauche, à la chasse et à la guerre, qu’on sentit la nécessité de leur préférer des roturiers instruits. Ces derniers s’élancèrent avec ardeur dans la carrière de la fortune qui venait de leur être ouverte. Aussi vit-on, vers cette époque, presque tous les professeurs et les étudiants obtenir de riches bénéfices.

Dès le XIIIe siècle, l’ordre de St Victor compte une quarantaine de maisons.

L’abbaye a été supprimée dès 1790, les scellés apposés sur la bibliothèque le 18 février 1791, le
séquestre prononcé en 1792.

La bibliothèque de Saint- Victor a été, en partie, sauvée : les manuscrits se trouvent a la Bibliothèque nationale et les catalogues à la Mazarine.

Beaucoup de grands de ce monde venaient se retirer à Saint-Victor qui était alors, il ne faut pas l’oublier, à la campagne, hors l’enceinte de Philippe Auguste.

L’Ecole de St Victor bénéficia, aux XII et XIIIe siècles, de maîtres qui firent sa renommée historique :
Hugues, « le second Augustin », théologien, rédige une des premières synthèses théologiques du Moyen Age et propose une vision organique des savoirs.

André, regardé comme le fondateur de l’exégèse scientifique.
Adam, poète liturgique, dont les louanges mariales ont illustré à travers l’Europe la profonde vénération des victorins pour leur mère et patronne. »

Sources : J.-A. Dulaure, Histoire de Paris et de ses monuments, Ed. Larousse, 1846, Paris.

Société française d’héraldique et de sigillographie.

Plan : Le quartier Saint-Victor et la Halle aux Vins. Plan Félibien, 1734.

Abbaye de Saint Victor (Emplacement - disparue )