LIEUX HISTORIQUE

Ancienne caserne des Minimes (Ex : Couvent des Minimes – disparu)

Caserne

Adresse : 2 Rue des Minimes, 75003 Paris, France

Emplacement sur toute la largeur de la rue des Minimes et jusqu’à la rue Saint-Gilles.

Desription de J.-A. Dulaure :

« Il existait déjà deux couvents de minimes près Paris, un à Chaillot, l’autre à Vincenncs; on en établit un troisième dans la capitale, sous le règne de Henri IV. Ces moines à leur arrivée, occupèrent un bâtiment et une chapelle contigus à celle de Sainte-Suzanne, située sur l’emplacement de l’église de Saint-Roch; puis, avec les sommes que leur fournit un chanoine de Notre-Dame, il achetèrent un terrain dépendant de l’ancien hôtel des Tournelles. En 1610, ils y firent construire une chapelle; mais ils trouvèrent bientôt leur église et leur couvent trop modestes, et résolurent d’en faire bâtir de plus somptueux. Marie de Médicis seconda leur dessein, afin d’acquérir le titre glorieux de fondatrice de ce monastère. Cette princesse fit poser la première pierre de ces édifices, en son nom,

Les événements politiques qui agitèrent la France, et dont cette reine fut la victime, retardèrent la continuation des travaux, qui ne furent terminés qu’en 1679. Le portail de cette église, formé de deux ordres, le dorique et le composite, était l’ouvrage du célèbre François Mansard.

Les diverses chapelles qui entouraient la nef étaient ornées de tableaux de Vouet, La Hire, Coypel, Largillère, etc. La plupart d’entre elles renfermaient des monuments funèbres, plus ou moins magnifiques, celui d’Edouard Colbert, un des plus beaux ouvrages de Coustou l’aîné; ceux du duc de La Vieuville, du président Le Jai, du docteur et savant Jean Delaunay, surnommé le dénicheur de saints; d’Abel de Sainte-Marthe, garde de la bibliothèque de Fontainebleau. Une chapelle contenait les monuments en marbre de deux bâtards royaux, de Diane, duchesse d’Angoulême, fille de Henri II, et de Charles de Valois, duc d’Angoulême, fameux dans son temps par ses débauches, ses lâches conspirations contre Henri IV, son bienfaiteur, et par sa longue détention à la Bastille. La suppression du couvent des minimes s’opéra en 1790; l’église fut démolie en 1798; et sur son emplacement on a prolongé la rue de la Chaussée des- Minimes, et transformé les autres bâtiments en caserne de gendarmerie-infanterie. »

Source : J.-A. Dulaure, Histoire de Paris et de ses monuments, 1846.

Source photographie : Plan Turgot, 1734-1739, Gallica.

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