LIEUX HISTORIQUE

Arc de triomphe du Carrousel

Arc de triomphe

Adresse : Arc de Triomphe du Carrousel, 75001 Paris, France

« Ce monument, placé à la principale entrée de la cour des Tuileries, fut fondé en 1806, et construit sur les dessins de M. Fontaine : il a quarante-cinq pieds de hauteur, soixante de largeur et vingt et demi d’épaisseur. Comme l’arc de Septime Sévère, qui lui a servi de modèle, il présente à sa face trois arcades; celle du centre a quatorze pieds d’ouverture, et celles latérales huit et demi. Ses flancs sont percés de deux arcades qui traversent les trois premières, et se trouvent dans l’alignement des guichets, donnant d’un côté sur le quai du Louvre, de l’autre sur la rue de Rivoli. La masse du monument est en pierre de liais. Chacune des deux faces est ornée de huit colonnes de marbre rouge de Languedoc, dont les bases et les chapiteaux, de l’ordre corinthien, sont en bronze; elles soutiennent un entablement en ressaut, qui a sa frise en marbre griotte d’Italie.

A l’aplomb de ces colonnes, au-devant de l’attique et au-dessus des bas reliefs, sont des statues représentant les différents corps qui se trouvaient à la bataille d’Austerlitz. On a sculpté dans la frise des figures allégoriques et des enfants portant des guirlandes. Quatre statues ont été placées dans les amortissements; deux de ces statues sont de Petitot, et les deux autres de Gérard. L’attique est surmonté par un double socle, sur lequel s’élevait un quadrige ou char de triomphe, en plomb doré d’or mat, de forme antique, ouvrage de Lemot; ce char était attelé aux quatre chevaux de bronze, jadis dorés, conquis à Venise, et nommés chevaux de Corinthe; ils paraissaient conduits par la Victoire et la Paix, figures de grande proportion, en plomb doré, coulées d’après les modèles de Lemot. Ce char vide attendait la statue de Napoléon; la volonté du chef, d’abord, et ensuite les événements, n’ont pas permis de l’y placer.

Les Renommées, du côté du Carrousel, ont été sculptées par Dupasquier, et celles du côté du palais par Taunay. Six bas-reliefs en marbre décoraient les faces de ce monument; offraient des sujets relatifs à la campagne de 1805, lesquels étaient indiqués au-dessous par des inscriptions gravées en lettres d’or : le premier, du côté de la place du Carrousel, à gauche, représentait la capitulation devant Ulm, sculptée par Cartelier ; le second, à droite, la bataille d’Austerlitz, par Espercieux; le troisième, sur le côté de l’édifice, l’entrée à Vienne, par Deseine; le quatrième, sur la face du côté des Tuileries, l’entrée à Munich, par Chaudon ; le cinquième, sur la même face, l’entrevue des deux empereurs, par Ramey; le sixième, sur le côté à droite, la paix de Presbourg, par Lesueur. Les bas-reliefs, le char, les chevaux et les deux figures qu’on voyait auprès, ont été enlevés par l’ennemi, lorsqu’au mois de juillet 1715 il envahit la capitale. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Arc de triomphe du Carrousel