LIEUX HISTORIQUE

Avenue d’Iéna (Ex : rue des Batailles)

Avenue

Adresse : Avenue d’Iéna, 75116 Paris, France

« Commence aux rues Gasté, n° 7, et de Longchamp, n° 1; finit au chemin de ronde Sainte-Marie. Le dernier impair est 31; le dernier pair, 30. Sa longueur est de 633 m. 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

Il est nécessaire, pour bien comprendre l’origine de cette voie publique, de la diviser en deux parties. La première, qui prend naissance à la rue de Longchamp et finit à celle de Magdebourg, n’était anciennement qu’un chemin qui faisait partie du village de Chaillot, dont nous parlerons à la grande voie publique qui en a conservé la dénomination. Un plan moderne indique aussi cette portion de rue sous le nom de Marie. Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X (25/09/1801), signée Chaptal, avait fixé sa moindre largeur à 12 m. En vertu d’un décret du Président de la République, L. N. Bonaparte, du 23 novembre 1849, cette moindre largeur devra être portée à 12 m. 40 c. Les propriétés n° 1, de 5 à 19 inclus, 27, 31 et de 12 à 30 ne sont pas soumises à retranchement; celles n° 3 et 2 ne devront subir qu’un léger redressement.

La deuxième partie, qui n’est pas encore complètement construite, a été tracée vers l’année 1820 sur l’emplacement de la ruelle Sainte-Marie et de la communauté du même nom. Nous donnons ici l’historique de la maison religieuse de la Visitation-de-Sainte-Marie. Elle fut fondée par Henriette de France, fille de Henri IV et veuve de Charles Ier, roi d’Angleterre. Cette princesse obtint, par lettres patentes registrées au parlement le 19 janvier 1632, l’autorisation nécessaire pour établir un couvent de la Visitation dans la paroisse de Chaillot. Elle fit en conséquence l’acquisition d’une grande maison bâtie par la reine Catherine de Médicis, et qui avait appartenu , après la mort de la veuve de Henri II, au maréchal de Bassompierre. Ce fut dans cette communauté que Bossuet prononça, le 16 novembre 1069, en présence des principaux seigneurs de la cour, l’oraison funèbre de la reine d’Angleterre. En 1704, Nicolas Frémond, garde du trésor royal, fit rebâtir entièrement l’église. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Une partie de ses biens fut vendue. On projeta sous l’Empire de construire sur l’emplacement de cette ancienne communauté un palais destiné au roi de Rome. Les malheurs de la dynastie impériale empêchèrent l’exécution de ce projet. On a prolongé, comme nous l’avons dit plus haut, la rue des Batailles sur cet emplacement; quelques avenues ont été également tracées, et l’État loue à divers particuliers les terrains qui les avoisinent. »

Source : F. et L. Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Bureau de la Revue Municipale, 1855, Paris.

Avenue d'Iéna ( Ex : rue des Batailles )