LIEU HISTORIQUE

Barrière de Passy du mur des Fermiers généraux (Ex : des Bons-Hommes – de la Conférence – Disparue)

Mur des Fermiers généraux

Adresse : 1 Rue Beethoven, 75016 Paris

Elle est construite entre en 1786 et 1788.

« Le bâtiment dû à l’imagination de Claude-Nicolas Ledoux était orné de douze colonnes, de deux arcs et de quatre frontons.
Deux statues de taille raisonnable lui tiennent compagnie : l’une qui est chargée de représenter la Normandie et l‘autre qui a pour mission de personnifier la Bretagne.
La barrière s’était appelée Barrière des Bons-Hommes, par suite de son voisinage de l’ancien couvent des religieux Minimes de Nigeon, fondé par François de Paule, un saint homme que Louis XI traitait familièrement de bonhomme. Puis elle s’était appelée Barrière de la Conférence, une désignation plus noble, mais tout aussi vague pour les habitants de Paris, dont la mémoire fugace n’a gardé nulle trace de l’assemblée par laquelle Louis XIV s‘était ménagé une alliance diplomatique et matrimoniale avec l’Espagne.
Quant au nom de Passy, elle le devait au village qu’elle séparait de Paris, et dont l’étymologie indique la situation : Passiacum, c’est-à-dire « passus ad aquam ».»

Le mur des Fermiers Généraux

Sur ordre de Louis XVI, il est décidé de construire un nouveau mur autour de Paris en 1784 et l’architecte Claude Nicolas Ledoux fut chargé de construire les bâtiments.

Le but de ce mur était de d’améliorer la perception d’un impôt indirect (L’octroi ) sur la plupart des marchandises entrant dans Paris. Les plus élevées et les plus détestées de ces taxes frappaient le vin, breuvage dont les Parisiens faisaient une consommation considérable.
La barrière de l’octroi, enfermant depuis le début du XVIII ème siècle les quartiers de Paris, s’avérait à la fois trop étroite et trop perméable.

Claude Nicolas Ledoux proposa un projet appelé les Propylées de Paris, dans un style architectural néoclassique et réalisa une grande diversité de bâtiment, mélangeant les formes (temples grecs, rotondes).

La construction de la nouvelle enceinte aux allures de fortification fut entreprise en 1786.

Long de 23 kilomètres, le mur est construit en pleine campagne et repousse les limites de la ville. Son tracé correspond à peu près aux lignes 2 ( pour le nord ) et 6 ( pour le sud ) du métro.

Les passages ménagés dans l’enceinte s’appelaient des barrières. La plupart des barrières étaient munies de bâtiments (ou bureaux d’octroi) appelés « propylées » par leur concepteur, l’architecte Claude-Nicolas Ledoux. Cinquante-cinq barrières furent édifiées et il en fut ajouté 7 par la suite.

Le mur sur la rive gauche est achevé en 1786. Toutefois, à ce moment les parisiens commencent à se plaindre. Ce qui inspira la célèbre phrase cité par Beaumarchais d’un auteur inconnu :

« Ce mur murant Paris rend Paris murmurant. »

A cette époque, de nombreuses guinguettes s’installèrent au-delà des barrières. En effet, profitant de l’absence d’octroi, elles vendaient vin et viande à des prix très intéressants pour les parisiens.

Loménie de Brienne, l’archevêque de Toulouse président de l’Assemblée des notables nommé en 1787 est effrayé par les dépenses, et fait ordonner, par un arrêt du conseil du 7 septembre, la suspension des travaux. Ledoux doit remettre tous ses documents. Le 8 novembre, accompagné de plusieurs fonctionnaires, Loménie de Brienne vient visiter les barrières. Son indignation est si vive en voyant avec quelle prodigalité les travaux ont été exécutés, qu’il veut faire démolir le mur et en vendre les matériaux. L’ouvrage étant trop avancé, il se borne à faire prendre, le 25 novembre, un nouvel arrêté qui suspend les travaux.
En 1788. Necker, succédant à Loménie de Brienne désavoue l’entreprise et Ledoux est définitivement suspendu en 1789.

Après la construction entre 1841 et 1844 de l’enceinte de Thiers, le mur des fermiers généraux devient inutile.
En 1860, le préfet Haussmann décide de supprimer le mur et de détruire l’ensemble des bâtiments des barrières.
Il en reste quatre, encore debout : rotonde du Parc Monceau, Rotonde de la Villette, barrière du Trône, barrière d’Enfer.

La ferme générale

Créée par Colbert en 1680, la compagnie des fermiers généraux était un corps destiné à prélever des impôts pour le compte du roi.

Sources :
Universalis
Histoire anecdotique des barrières de Paris, Alfred Delvau, 1865

Crédit photo : Palaiseau, Dessinateur – BNF

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