LIEUX HISTORIQUE

Barrière du Trône du mur des Fermiers généraux (Ex : Trône renversé – Disparue)

Murs des Fermiers généraux

Adresse : 10 Avenue du Trône, 75012 Paris, France

lle fut construite entre 1786 et 1788 par Claude-Nicolas Ledoux.

« Elle était composé de deux pavillons symétriques à plan carré et porche soutenu par des pilastres, façades terminées par une corniche avec consoles, quatre frontons et un couronnement circulaire ; et deux colonnes sur guérites.

Elle date de 1788, comme les autres barrières, mais elle a des souvenirs bien antérieurs à cette époque car c’était le chemin que prenait saint Louis pour aller à Vincennes.
Plus tard, le 26 août 1660, un autre roi qui ne ressemblait en rien à Louis IX et qui s’appelait Louis XIV venait s’asseoir la, sur un trône élevé aux frais de la bonne ville de Paris pour recevoir l’hommage et le serment de fidélité de ses sujets. Cérémonie si mémorable, aux yeux des courtisans, qu’on éprouva le besoin de la consacrer par l’érection d’un arc de triomphe à nul autre pareil, dont la première pierre fut posée le 6 août 1670, et qui ne fut jamais exécuté qu’en plâtre, comme l’Éléphant de la place de la Bastille.
En 1793, la Royauté étant abolie, la barrière du Trône s’appela tout naturellement. Barrière du Trône renversé, et naturellement aussi, elle ne garda pas longtemps cette appellation anarchique, un trône nouveau, impérial cette fois, ayant été fabriqué avec les débris de l’ancien.Ce fut, officiellement du moins, la Barrière de Vincennes, que le peuple, esclave des traditions monarchiques, persifla à appeler la Barrière du Trône. »

Le mur des Fermiers Généraux

Sur ordre de Louis XVI, il est décidé de construire un nouveau mur autour de Paris en 1784 et l’architecte Claude Nicolas Ledoux fut chargé de construire les bâtiments.

Le but de ce mur était de d’améliorer la perception d’un impôt indirect (L’octroi ) sur la plupart des marchandises entrant dans Paris. Les plus élevées et les plus détestées de ces taxes frappaient le vin, breuvage dont les Parisiens faisaient une consommation considérable.
La barrière de l’octroi, enfermant depuis le début du XVIII ème siècle les quartiers de Paris, s’avérait à la fois trop étroite et trop perméable.

Claude Nicolas Ledoux proposa un projet appelé les Propylées de Paris, dans un style architectural néoclassique et réalisa une grande diversité de bâtiment, mélangeant les formes (temples grecs, rotondes).

La construction de la nouvelle enceinte aux allures de fortification fut entreprise en 1786.

Long de 23 kilomètres, le mur est construit en pleine campagne et repousse les limites de la ville. Son tracé correspond à peu près aux lignes 2 ( pour le nord ) et 6 ( pour le sud ) du métro.

Les passages ménagés dans l’enceinte s’appelaient des barrières. La plupart des barrières étaient munies de bâtiments (ou bureaux d’octroi) appelés « propylées » par leur concepteur, l’architecte Claude-Nicolas Ledoux. Cinquante-cinq barrières furent édifiées et il en fut ajouté 7 par la suite.

Le mur sur la rive gauche est achevé en 1786. Toutefois, à ce moment les parisiens commencent à se plaindre. Ce qui inspira la célèbre phrase cité par Beaumarchais d’un auteur inconnu :

« Ce mur murant Paris rend Paris murmurant. »

A cette époque, de nombreuses guinguettes s’installèrent au-delà des barrières. En effet, profitant de l’absence d’octroi, elles vendaient vin et viande à des prix très intéressants pour les parisiens.

Loménie de Brienne, l’archevêque de Toulouse président de l’Assemblée des notables nommé en 1787 est effrayé par les dépenses, et fait ordonner, par un arrêt du conseil du 7 septembre, la suspension des travaux. Ledoux doit remettre tous ses documents. Le 8 novembre, accompagné de plusieurs fonctionnaires, Loménie de Brienne vient visiter les barrières. Son indignation est si vive en voyant avec quelle prodigalité les travaux ont été exécutés, qu’il veut faire démolir le mur et en vendre les matériaux. L’ouvrage étant trop avancé, il se borne à faire prendre, le 25 novembre, un nouvel arrêté qui suspend les travaux.
En 1788. Necker, succédant à Loménie de Brienne désavoue l’entreprise et Ledoux est définitivement suspendu en 1789.

Après la construction entre 1841 et 1844 de l’enceinte de Thiers, le mur des fermiers généraux devient inutile.
En 1860, le préfet Haussmann décide de supprimer le mur et de détruire l’ensemble des bâtiments des barrières.
Il en reste quatre, encore debout : rotonde du Parc Monceau, Rotonde de la Villette, barrière du Trône, barrière d’Enfer.

La ferme générale

Créée par Colbert en 1680, la compagnie des fermiers généraux était un corps destiné à prélever des impôts pour le compte du roi.

Sources :
Universalis
Histoire anecdotique des barrières de Paris, Alfred Delvau, 1865

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