LIEUX HISTORIQUE

Chapelle Saint-Agnan (Disparue – Emplacement)

Chapelle

Adresse : 11 Rue d’Arcole, 75004 Paris, France

Emplacement approximatif

« Cette chapelle, peu connue, parce qu’elle était entourée de bâtiments qui la couvraient, était située dans les dépendances du cloître Notre-Dame, rue Chanoinesse, sur l’emplacement occupé aujourd’hui par la maison n° 22. On y entrait par la rue de la Colombe.

Le célèbre Étienne de Garlande, archidiacre de Paris, doyen de Sainte-Croix et Saint-Agnan d’Orléans, et chancelier de France, fit bâtir cette chapelle vers l’an 1118, près de sa demeure, et dans le voisinage de deux maisons du cloître qui lui appartenaient. Pour la dotation de cette chapelle, qui devait être desservie par deux chanoines de Notre-Dame, il donna deux clos de vignes situés au bas de la montagne Sainte-Geneviève, un autre à Vitry, et la maison qu’il occupait dans le cloître. Quelques années après, Étienne donna en outre à ces chanoines sa terre de Garlande, ne s’y réservant que dix-huit deniers de cens. En 1297, les deux prébendes canoniales de Saint-Agnan furent divisées en quatre, pour deux chanoines et deux vicaires perpétuels, ce qui subsista jusqu’au siècle dernier. La chapelle de Saint-Agnan n’était ouverte au public que le 17 novembre, jour de la fête du saint.

L’architecture de la chapelle Saint-Agnan paraissait, selon Lebeuf, plus ancienne que celle de Notre-Dame. « Elle est, dit-il, solidement bâtie toute en pierre; les arcades sont en demi-cercle sans pointe. Le pavé parait avoir été exhaussé, les bases des piliers étant cachées en terre. On voit au vitrage du fond, qui est unique dans cette chapelle, la ligure du saint patron avec son nom en capitales gothiques. »

Lebeuf et Jaillot reprochent à Dubreuil d’avoir dit sans preuves que près de la chapelle de Saint-Agnan était autrefois un cimetière. Une découverte assez récente est venue pourtant confirmer son assertion. Dans l’année 1799, en plaçant les fondations d’une maison voisine, on découvrit plusieurs petits pots de terre cuite, semblables à ceux qu’on trouve dans quelques tombeaux du moyen âge.

A l’histoire de cette modeste chapelle, se rattache, si l’on en croit Lebeuf, un trait curieux de la vie de saint-Bernard. « On lit dans une des vies de ce saint personnage, qu’un jour étant allé dans les écoles de Paris qui étaient alors au cloître, après y avoir prêché pour tâcher d’attirer quelques écoliers à la vie religieuse, il en sortit sans en avoir converti aucun. Un archidiacre l’ayant emmené dans sa maison, il se retira aussitôt dans la chapelle qui s’y trouvait, et là se répandit en pleurs et en gémissements. » L’archidiacre, curieux d’en savoir la raison, questionna Rainaud, abbé de Foigny, qui accompagnait saint-Bernard, et apprit que le sujet de sa douleur était la crainte d’avoir offensé Dieu, car il attribuait à la colère de Dieu le peu de fruit qu’il avait retiré de son sermon. « Je ne vois rien, ajoute Lebeuf, dans ce qui concerne cet archidiacre de Paris, qui ne puisse convenir à Étienne de Garlande, qui était rentré dans les bonnes grâces de saint-Bernard, entre l’an 1123 et l’an 1142 qu’il décéda; et par conséquent ce serait dans la chapelle de Saint-Agnan, telle qu’elle subsiste encore aujourd’hui, que saint-Bernard aurait fait ce qui vient d’être raconté. »

La chapelle de Saint-Agnan fut démolie vers l’an 1795. Sur son emplacement on a construit une maison particulière. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : Plan Turgot, 1734-1739, Gallica.

Chapelle Saint-Agnan ( Disparue - Emplacement )