LIEUX HISTORIQUE

Collège de Cluny (Disparu – Emplacement)

Collège

Adresse : 1 Rue Victor Cousin, 75005 Paris, France

« Situé sur la place Sorbonne, il occupait le terrain compris entre la rue de La Harpe, la rue de Cluny, la place Sorbonne et la rue des Grés. On y entrait par l’extrémité méridionale de la rue de La Harpe.

Ce collège fut fondé en 1269, par Yves de Vergi, abbé de Cluny, pour les religieux de son ordre qui viendraient étudier à Paris. Yves ayant acheté l’emplacement, l’entoura de murailles et commença la construction des bâtiments; mais il mourut avant de les avoir ter minés. Il avait fait élever une partie du cloître, le réfectoire et le dortoir ; son neveu, Yves de Chalant, qui lui succéda à Cluny, fit achever le cloître, bâtit la chapelle et le chapitre, et forma la bibliothèque. Suivant les règlements dressés par les fondateurs et confirmés, en 1308, par l’abbé Henri de Fautières, ce collège était uniquement destiné à l’enseignement de la philosophie et de la théologie.

Tous les prieurés et les doyennés dépendants de l’abbaye de Cluny étaient obligés d’y entretenir chacun à leurs frais un ou deux élèves; s’ils négligeaient d’y envoyer des écoliers, ils n’en payaient pas moins la pension.

La chapelle du collège de Cluny était fort grande et d’une belle architecture gothique. Sur l’autel était une Nativité, peinte par Venard, en 1735. Mais ce que l’église renfermait de plus remarquable était un tableau du peintre français Valentin, représentant le Reniement de saint-Pierre. Ce travail, qui sentait l’école italienne étudiée par Valentin, était d’un très bel effet. On admirait surtout la figure de la servante interrogeant saint-Pierre, qui était éclairée par la lumière d’un flambeau.

On voyait dans cette église la tombe d’Yves de Vergi, d’Yves de Chalant, celle de plusieurs autres abbés et prieurs, et de plusieurs docteurs en théologie. Jean Baulin, prédicateur du XVIe siècle, doyen de Saint-Denis de Nogent-le-Rotrou, était aussi inhumé dans cette chapelle. Il est auteur de l’hymne de la Visitation de la Vierge, commençant par ces mots : Hune diem festum veneremur omnes, etc. A l’entrée du chœur, on remarquait sur une plaque de marbre noir une épitaphe d’un style fort singulier d’Anne d’Arconne, abbesse de Saint-Amand de Rouen.

Le collège et la chapelle de Cluny, devenus propriété nationale à la révolution, furent habités par des particuliers. La chapelle a servi longtemps d’atelier au peintre David. Ce fut là qu’on exposa publiquement quelques uns de ses tableaux, entre autres celui de la défense des Thermopiles par Léonidas. Cette chapelle a été démolie en 1833. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : Theodor Josef Hubert Hoffbauer, lithographie, vers 1875-1882.

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