LIEUX HISTORIQUE

Collège de Dormans Beauvais (Disparu)

Collège

Adresse : 9B Rue Jean de Beauvais, 75005 Paris, France

« Ce collège doit sa fondation à Jean-de-Dormans, cardinal, évêque de Beauvais et chancelier. Il acheta, en 1365, les maisons que le collège de Laon avait d’abord occupées, et cinq ans après y établit un maître, un sous-maître, un procureur et douze boursiers, nés dans la paroisse de Dormans en Champagne, ou à leur défaut, dans le diocèse de Soissons. En 1371 et 1372, il fonda successivement douze nouvelles bourses, parmi lesquelles trois furent destinées à des écoliers pris dans les villages de Buisseul et d’Athis, au diocèse de Reims, et une quatrième à un religieux prêtre de l’abbaye de Saint-Jean-des-Vignes. La chapelle, dont Charles V posa la première pierre, fut construite aux frais de Miles de Dormans, neveu du fondateur, et dédiée en 1380, sous l’invocation de Saint-Jean-l’Évangéliste. Il y plaça quatre chapelains et deux clercs. Nos historiens parlent d’un nouveau chapelain et de cinq autres bourses fondées à diverses époques par différents particuliers.

La collation de toutes les places avait été réservée au frère et au neveu du fondateur : l’abbé de Saint-Jean-des-Vignes éleva à ce sujet quelques contestations; elles furent terminées par un concordat, homologué en 1389, qui, laissant la collation de la bourse du religieux de Saint-Jean-des-Vignes à l’abbé, transportait à la cour du parlement tous les droits du fondateur après la mort de Guillaume de Dormans, son neveu. Depuis, le premier président et deux commissaires de cette cour ont toujours eu l’administration de ce collège.

« Vers le commencement du XVIe siècle, les professeurs qui enseignaient dans les écoles de la rue du Fouarre s’étant retirés dans les collèges, celui de Beauvais tint des écoles publiques, et s’unit, par la suite, en 1597, au collège de Preste, pour l’exercice des classes, ce qui subsista jusqu’en 1699. Alors l’exercice entier resta au seul collège de Beauvais. Depuis, les arrangements qui devaient incorporer le collège de Lisieux à celui de Louis-le-Grand n’ayant pu avoir leur entier effet, le collège de Beauvais fut choisi pour prendre la place que l’autre y devait occuper, et les maisons qui lui appartenaient furent données au collège de Lisieux.

On remarquait, dans la chapelle de ce collège, sur le maître-autel, Saint-Jean-l’Évangéliste dans l’île de Pathmon, par Lebrun.

Au milieu du chœur, s’élevaient deux statues en cuivre sur un tombeau de marbre noir, représentant Miles de Dormans, évêque de Meaux et archevêque de Sens, et son frère Guillaume, neveux du fondateur. Sur les côtés, étaient six statues en pierre, représentant ; Jean de Dormant, chancelier de l’église de Beauvais, mort en 1380, Bernard de Dormans, chambellan de Charles V, mort en 1381 ; Renauld de Dormant, chanoine de Paris, maître des requêtes de l’hôtel, etc., mort en 1 380 ; Jeanne Baube, femme de Guillaume de Dormans, et mère des trois personnages dont nous venons de parler, morte en 1405 ; Jeanne de Dormant, sa fille, mariée à Pierre de Rochefort et à Philibert de Paillart, morte en 1407; Yde de Dormans, sa seconde fille, mariée à Robert de Nesle, morte en 1379.

Plusieurs savants et saints personnages ont professé dans ce collège. Saint-François-Xavier y donna des leçons de philosophie en 1531. Le cardinal Arnauld d’Ossat fut aussi du nombre de ses professeurs, et dans le siècle dernier, l’administration en fut successivement dirigée par deux hommes célèbres dans les fastes universitaires, Rollin et Coffin. Aussi la réputation du collège de Beauvais fut immense à cette époque.

Les bâtiments, reconstruits sous le règne de François Ier, servent aujourd’hui à une école primaire. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

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