LIEU HISTORIQUE

Collège des Grassins

Moyen Âge

Adresse : 12 Rue Laplace, 75005 Paris, France

« Ce collège doit son origine à Pierre Grassin, natif de Sens, conseiller au parlement. Ce magistrat laissa, par son testament du 16 octobre 1569, une somme de 30 000 livres, laquelle devait être employée, selon la disposition d’Antoine Thierry Grassin, son frère et son exécuteur testamentaire, et par le conseil de Le Cirier, évêque d’Avranches, à fonder un collège pour les enfants pauvres de la ville et du diocèse de Sens ou un hôpital pour les malades du même diocèse. Dans le cas où son fils viendrait à mourir sans enfants, la somme destinée à cette fondation devait être doublée. Celui-ci ne survécut pas longtemps à son père, et augmenta la fondation de 1 200 livres. L’exécuteur testamentaire, Thierry Grassin, s’étant décidé à faire bâtir un collège, acheta, le 26avril 1571, de Jean-Jacques de Mesme, une partie de l’hôtel d’Albret, consistant en une grande maison et deux petites contiguës à la première. Les 1er et 15 mai suivants, il acheta encore quatre maisons voisines. A ces acquisitions, qui remplissaient les intentions des fondateurs, il ajouta ses propres bienfaits, et acheva de consolider cet établissement en lui léguant sa bibliothèque et environ 3 000 livres de rente.

Les bâtiments de ce collège ne furent achevés qu’en 1574; mais l’époque de la première acquisition peut en faire remonter l’origine jus qu’en 1571, date qu’a adoptée de préférence l’abbé Lebeuf. La chapelle fut dédiée en 1578, sous l’invocation de la Vierge.

En 1669 on transporta, comme nous l’avons déjà dit, dans ce collège, la fondation faite, quelques années auparavant, dans celui des Lombards, en faveur des pauvres étudiants irlandais. Ils y restèrent jusqu’en 1710, qu’un arrêt du parlement les fit retourner dans leur premier domicile.

La fondation primitive du collège des Grassins avait été faite pour un principal, un chapelain, six grands boursiers et douze petits; vers la fin du XVIIe siècle, le mauvais état du temporel de cette maison mit dans la nécessité de supprimer douze de ces bourses, jusqu’au moment où l’acquittement des dettes permettrait de les rétablir. Ce moment fut accéléré par les libéralités de M. Pierre Grassin, seigneur d’Arci, directeur-général des monnaies de France, libéralités qui furent assez grandes pour rendre à ce collège toute son ancienne splendeur. Les bourses, destinées de préférence aux pauvres écoliers de Sens et des environs, étaient à la collation de l’archevêque de cette ville.

Parmi les curiosités de la chapelle, on remarquait les tableaux suivants : sur le maître-autel, Notre-Seigneur bénissant les petits enfants; par Hallé. Sur la porte de la sacristie, la Résurrection du fils de la veuve de Naïm, par Simon Vouet. Vis-à-vis, le Départ de Tobie, par Lebrun.

Le collège des Grassins était de plein exercice, et s’était acquis un certain renom parmi les collèges de Paris. Ses bâtiments sont occupés aujourd’hui par des particuliers. Les murs de la chapelle existent encore. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Photo : Restes de la chapelle du collège des Grassins; d’après un dessin de M. A. Bonnardot (1850).

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