LIEU HISTORIQUE

Colonne Vendôme

Ier Empire

Adresse : Place Vendôme, 75001 Paris

« Après la célèbre campagne de 1806, Napoléon forma le projet d’élever une colonne à la grande armée. Ce monument, commencé en 1805, fut achevé en 1810. La colonne de la place Napoléon, nom qu’elle prit alors, faite sur le modèle de la colonne Antonine à Rome, mais beaucoup plus belle dans ses détails, a été fondue avec le bronze de douze cents pièces de canon, prises aux Autrichiens et aux Russes, monument durable de succès et de gloire, élevé plutôt en l’honneur d’une grande nation qu’en celui d’un seul homme. C’est sans doute le seul titre qui l’a conservé au milieu des dissensions et des partis.

Sa hauteur est de cent trente-deux pieds, son diamètre de douze, sur des fondations de trente. Depuis sa base construite sur l’emplacement du piédestal de la statue de Louis XIV, elle est bâtie en pierre de taille, recouvertes de plaques de bronze de trois pieds huit pouces de hauteur, et séparées les unes des autres par un cordon sur lequel est inscrite l’action représentée dans le tableau au-dessus. Sur les quatre façades du piédestal, on aperçoit en relief toutes les armes nécessaires à la guerre, des trophées d’armes, des obusiers, des canons, des mortiers, des boulets, des carabines, des tambours, des drapeaux et des vêtements militaires. Tous ces ornements sont couronnés de festons de chêne, emblème connu et chéri d’une liberté qui n’était plus, et sont soutenus aux quatre coins par quatre aigles immenses en bronze, de cinq cents livres chacun. Le tour de la colonne représente les différents faits d’armes de cette glorieuse campagne, depuis le départ du camp de Boulogne jusqu’à la bataille d’Austerlitz.

Dans l’intérieur du monument a été pratiqué un escalier à vis, dont l’entrée est placée à l’une des faces du piédestal, vis-à-vis du jardin des Tuileries. Cet escalier en spirale conduit à une galerie au-dessus du chapiteau ; cette galerie est dominée par une sorte de calotte de forme circulaire, sur laquelle était placée la statue de Napoléon. L’empereur portait les insignes impériaux, avec le sceptre et le diadème. Au-dessus du chapiteau on lisait cette inscription :

Monument élevé à la gloire de la grande armée, commencé le 25 août 1806, terminé le 5 août 1810, sous la direction de M. Denon, directeur-général, de M. G.-B. Lepère, et de M. Gondoin, architecte.

En 1814, après la prise de Paris, les Russes voulurent en vain mutiler et renverser ce monument. Malgré leurs efforts et ceux de leurs chevaux, ils ne parvinrent à abattre que la statue qui la surmontait.

Mais le 29 juillet 1833, on rendit au monument la statue de son fondateur. Napoléon fut replacé sur la colonne, non tel qu’autrefois, avec les emblèmes de la puissance, mais seulement avec les insignes militaires si connus du peuple et de l’armée. On a dit avec raison : Napoléon, tel qu’on l’a représenté, serait mieux placé dans un corps-de garde que sur un monument semblable à celui de la place Vendôme. Cette statue, qui paraît à peine de grandeur naturelle, a dix pieds de hauteur; elle a été fondue d’un seul jet dans les fonderies du Roule. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Crédit photo : carte postale

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