LIEUX HISTORIQUE

Communauté religieuse puis prison de Sainte-Pélagie (Disparue – Emplacement)

Communauté

Adresse : Square Robert Montagne 75005 Paris

« La bienfaisante fondatrice des Miramiones, Marie Bonneau, veuve de J.-J. de Beauharnais de Miramion, conseiller au parlement, conçut le projet de retirer du vice sept à huit filles dont la conduite était portée aux derniers excès du scandale. Elle obtint, pour cela, la permission des magistrats, et plaça ces filles dans une maison particulière du faubourg Saint-Antoine, sous la conduite de deux femmes pieuses, capables de les instruire. Cet essai réussit assez pour inspirer le dessein d’ériger une maison publique destinée à ces retraites forcées. Madame de Miramion fut secondée par les dames d’Aiguillon, de Farinvilliers et de Traversai. Chacune d’elles donna 10 000 livres pour le nouvel établissement, qui, par autorisation royale, fut placé sous le nom de Refuge, dans des bâtiments dépendant de la Pitié et soumis à l’administration de l’Hôpital général (1665).

Dans l’origine, le Refuge était uniquement destiné aux filles dont la réclusion était ordonnée d’autorité; mais les fondatrices crurent avec raison devoir y ouvrir un asile à celles qui d’elles-mêmes viendraient demander à y mener une vie pénitente. Cette partie de la maison fut celle qui porte spécialement le nom de Sainte-Pélagie, et les femmes qui l’habitaient, et qui furent bientôt en grand nombre, furent appelées Filles de bonne volonté. Elles devinrent même si nombreuses, qu’on fut obligé d’en transporter une partie dans une maison du faubourg Saint-Germain. Ces diverses maisons, dans lesquelles on enfermait quelquefois les femmes pour délits autres que le libertinage, subsistèrent jusqu’en 1790. Pendant la révolution, Sainte-Pélagie est devenue une prison d’hommes.

La chapelle de Sainte-Pélagie renfermait les tombeaux de plusieurs membres de la famille d’Aligre. On y remarquait surtout celui de Madeleine Blondeau, veuve de messire Michel d’Aligre, l’une des principales bienfaitrices de la communauté. Il se composait d’un sarcophage en marbre sur lequel était agenouillé le génie de la religion; derrière s’élevait une pyramide que terminait un enroulement conique surmonté d’une urne en bronze. Coysevox était l’auteur de ce monument. »

« Elle contient, par la suite des prisonniers condamnés par la justice criminelle, des jeunes gens détenus par l’autorité paternelle, et des prévenus pour délits politiques.

En 1828, une ordonnance de police assigna un quartier séparé aux condamnés politiques ( Au niveau du 42 rue de la clef, jusqu’alors confondus avec les autres prisonniers. Cette maison servait aussi de lieu de détention pour les débiteurs insolvables.

Cette prison est connue par son grand nombre de détenus célèbres. L’édifice, devenu insalubre, sera finalement démoli en 1899. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source : J.-A. Dulaure, Histoire de Paris et de ses monuments, 1846.

Sainte-Pélagie