LIEU HISTORIQUE

Couvent des Cordeliers ou frères Mineurs, ou grand couvent de l’Observance de Saint-François

Moyen Âge

Adresse : 4 Rue Antoine Dubois, 75006 Paris, France

« Le couvent des Cordeliers se composait d’un mélange de bâtiments anciens, groupés sans symétrie, et de bâtiments modernes et réguliers. Le cloître était le plus vaste et le plus beau qu’il y eût à Paris. Le réfectoire et les dortoirs méritaient d’être vus. La bibliothèque, composée d’environ vingt-quatre mille volumes, était répartie en deux grandes pièces et trois cabinets. On y conservait des manuscrits précieux donnés à cette maison par saint-Louis, qui, comme on sait, légua ses livres, par égale portion, à ces pères et aux Jacobins de la rue Saint-Jacques. Ils possédaient aussi une collection de manuscrits grecs qui leur avait été donnée par Marie de Médicis.

Les dépendances de cette maison étaient extrêmement vastes, et il le fallait, car le nombre des religieux qui l’habitaient était extraordinaire. La communauté des Cordeliers était une des plus nombreuses de France. On comptait souvent dans le couvent de Paris jusqu’à sept cents religieux, outre les étudiants. Sauval donne d’une manière très piquante une idée de leur grand nombre : « Leur marmite, dit-il, n’est pas si grande que le peuple l’imagine; mais le gril, dont on ne parle point, est monté sur quatre roues et capable de tenir une mannequinée de harengs. »

C’est sur une partie du jardin et du cimetière des Cordeliers que l’on ouvrit en 1672 les rues de l’Observance et de Touraine. Ce jardin aboutissait à une ruelle qui longeait les murs de la ville, près d’une porte appelée autrefois porte des Frères-Mineurs ou des Cordèles, et depuis porte Saint-Germain, laquelle fut abattue en 1673. La rue de l’Observance fut ainsi nommée, parce que là était placée la porte principale du couvent, au-dessus de laquelle on lisait cette inscription : Le grand couvent de l’Observance de Saint-François, 1673. Du côté de l’est, le terrain et les bâtiments des Cordeliers s’étendaient parallèlement à la rue des Cordeliers, aujourd’hui rue de l’École-de-Médecine, jusque vis-à-vis de la rue Hautefeuille Cette rue se prolongeait autrefois jus qu’aux murs de la ville, et n’était, suivant toute apparence, qu’un chemin bordé de grands arbres qui faisait de ce côté la limite du terrain du couvent. Dans les premiers statuts faits pour les Cordeliers, on défend aux religieux de jouer à la paume sous la haute feuillée. De là probablement l’étymologie du nom de Hautefeuille donné à cette rue.

Les orgues des Cordeliers étaient fort estimées. Elles ont été jouées longtemps par l’un des plus célèbres organistes du dernier siècle, Louis Marchand, mort en 1732.

L’ordre des Cordeliers ayant été supprimé en 1790, l’église fut dans la suite démolie, et son emplacement a formé la place depuis longtemps désirée, qu’on voit devant la façade de l’École de Médecine. Il ne reste plus que peu de chose des bâtiments du monastère. On a utilisé les jardins en y élevant plusieurs pavillons de dissection. Le réfectoire, qui présente la forme d’une église, est dans son entier; on le voit dans la cour située en face de la rue Hautefeuille; il renferme une curieuse collection de pièces anatomiques appelée musée Dupuytren.

Sur une partie de l’emplacement de ce cloître, on a établi divers bâtiments : un hôpital entre autres, où se fait un cours de clinique chirurgicale. Ces bâtiments ont été réparés et agrandis en 1834. C’était également dans les bâtiments situés dans la cour qui fait face à la rue Hautefeuille, que se trouvait, il y a plusieurs années, la manufacture royale de mosaïque.

Dans les bâtiments qui se trouvaient dans la cour qui fait face à la rue Hautefeuille, avait été établie, il y a plusieurs années, la manufacture royale de mosaïque. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : Poulpy

couvent-des-cordeliers