LIEUX HISTORIQUE

Couvent des Sœurs de la Charité ( Disparu )

Couvent

Adresse : 104 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris, France

« En 1617, saint Vincent de Paul institua en province l’Association de la Charité des servantes des pauvres, pieuse et louable institution qui fut bientôt adoptée dans un grand nombre de localités et même à Paris, dans la paroisse de Saint-Sauveur. « Mais ce n’était alors, dit un écrivain du siècle dernier, que ce que nous appelons encore aujourd’hui des assemblées des Dames de Charité. Le zèle et la prévoyance ne suffisaient pas, il fallait des forces et une certaine capacité qu’on ne peut guère trouver dans des personnes délicates et nourries dans la mollesse. On avait besoin de servantes robustes, qui ne fussent ni rebutées de l’humeur des malades, ni excédées par les services pénibles et continuels qu’il fallait leur rendre. » Louise de Marillac, veuve de M. Le Gras, secrétaire des commandements de Marie de Médicis, eut le courage d’entreprendre cette rude tâche, et elle fonda, en novembre 1633, dans une maison qu’elle possédait près de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la communauté des Filles de la Charité ou Servantes des pauvres malades. Le nombre de ces saintes femmes s’augmenta avec tant de rapidité qu’on fut obligé de transférer leur établissement à la Villette, au mois de mai 1636. Mais cinq ans après, elles vinrent s’établir rue du Faubourg-Saint Denis, vis-à-vis la maison de Saint-Lazare, sous l’administration et la direction de laquelle elles avaient été mises. Cette communauté fut érigée en confrérie, le 20 novembre 1646, par le cardinal de Retz, alors coadjuteur. En 1655, il approuva, en qualité d’archevêque, les règlements rédigés par saint-Vincent-de-Paul, et en 1658 le roi approuva cette utile institution.

La maison du faubourg Saint-Denis fut supprimée en 1792. On y a établi depuis une caserne, et la maison royale de santé, établissement fondé par M. le docteur Dubois, où l’on reçoit les malades moyennant une rétribution journalière. Mais les Sœurs de la Charité ne tardèrent pas à exercer de nouveau leur pieux ministère. La maison, chef-lieu de leur ordre, fut rétablie rue du Vieux-Colombier, n° 15, et en 1843, rue du Bac, n° 132, à l’ancien hôtel de La Vallière.

Les Sœurs de la Charité, surnommées par le peuple : Sœurs grises, à cause de la couleur de leurs vêtements, sont aujourd’hui en grand nombre à Paris; elles sont distribuées dans les paroisses, où elles dirigent gratuitement les écoles de jeunes filles, assistent et soignent les malades et portent des secours à domicile. Elles desservent aussi la plupart des hôpitaux. Ces pieuses filles ne sont point cloîtrées; après cinq ans d’épreuve, elles font des vœux simples qu’elles renouvellent chaque année. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : Plan Turgot, 1734-1739, Gallica.

Couvent des Sœurs de la Charité ( Disparu )