LIEUX HISTORIQUE

Couvent Filles de la Visitation de Sainte-Marie

Couvent

Adresse : 17 Rue Castex, 75004 Paris, France

« L’ordre des Visitandines fut fondé par saint François de Sales; sa mission était de visiter et de consoler les malades et les pauvres, en l’honneur de Dieu et en mémoire de la visite que la Sainte-Vierge fit à sainte-Élisabeth. La réputation de cette nouvelle communauté fit bientôt naître le projet de lui procurer une maison à Paris. Françoise Frémiot, veuve de Christophe de Rabutin, baron de Chantal, première supérieure de l’ordre, conduisit de Bourges, sur l’invitation de saint-François de Sales, trois religieuses de la Visitation, qui, le 6 avril 1619, arrivèrent à Paris. Elles demeurèrent quelque temps dans le faubourg Saint-Marceau, en attendant la permission de l’évêque de Paris et les lettres-patentes du roi. Le 1er juillet 1619, elles se rendirent au faubourg Saint-Michel, où on leur avait préparé une maison. Mais cette petite communauté fit en peu de temps d’immenses progrès. Les Filles de la Visitation furent transférées, en 1621, à l’hôtel du Petit-Bourbon, situé rues du Petit-Musc et de la Cerisaie. Cette nouvelle résidence ne se trouvant bientôt plus assez grande, la supérieure, Hélène-Angélique Lhuillier, acheta, en octobre 1628, l’hôtel de Cossé, situé rue Saint-Antoine, et dont le jardin était contigu à celui des religieuses. Les dispositions nécessaires pour approprier cet hôtel à l’usage de la communauté furent achevées le 14 août de l’année suivante.

Le commandeur de Silleri donna une somme considérable pour la construction de l’église, dont il posa la première pierre, le 31 octobre 1632, et qui fut dédiée le 14 septembre 1634, par André Frémiot, archevêque de Bourges, frère de madame de Chantal, sous le titre de Notre-Dame-des-Anges.

Cette église, dont les dessins ont été donnés par François Mansard, est construite sur le modèle de Notre-Dame-de-la-Rotonde, à Rome. Quoique les proportions n’en soient pas vastes, elle est assez remarquable par la régularité de son architecture; mais le portail et beaucoup de détails à l’intérieur manquent de goût. Le dôme est soutenu par quatre arcs, entre lesquels des pilastres corinthiens portent une grande corniche régnant dans le pourtour. La porte d’entrée, élevée sur un perron de quinze marches et ornée de deux colonnes corinthiennes fuselées, est sous un de ces arcs. L’intérieur de l’église est mal éclairé. Ce défaut est surtout sensible dans la partie de l’édifice où était placé l’ancien maître-autel, renommé autrefois pour la profusion de pierres précieuses et d’ornements dont il était décoré aux jours de grande fête.

L’intérieur du dôme est couvert d’une peinture à fresque représentant l’Assomption de la Vierge. Le sanctuaire était orné de plusieurs tableaux de Lepautre et de Perrier. Des figures de bronze, d’un beau style, ornaient les tombeaux placés dans les deux chapelles de côté.

Dans la nef avait été inhumé le frère de la fondatrice, André Frémiot, archevêque de Bourges, né à Dijon en 1573, d’une famille noble et illustre dans la magistrature. Prélat pieux et savant, homme d’état droit et habile, il se démit volontairement de son archevêché après l’avoir administré vingt ans, et accepta de Louis XIII les fonctions d’ambassadeur à Rome, où il mérita d’être appelé par Urbain VIII l’ornement de l’église gallicane. André Frémiot mourut à Paris en 1641.

Nicolas Fouquet, né à Paris en 1615, surintendant des finances, fameux par son procès et ses malheurs, fut aussi inhumé dans l’église de la Visitation (1680).

Le couvent de la Visitation des filles Sainte-Marie fut supprimé en 1790, et ses bâtiments furent vendus. L’église a été conservée, et sert depuis 1802 de temple aux calvinistes de la confession de Genève. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : n°1 : Phelan Riessen.

Couvent Filles de la Visitation de Sainte-Marie