LIEU HISTORIQUE

Eglise Saint-Landri ou Landry (Disparue – Emplacement)

Moyen Âge

« Plusieurs titres authentiques prouvent que cette église existait sous ce nom au XIIe siècle; cependant on a été jusqu’à nier qu’il y ait eu un évêque de Paris du nom de Landri. L’abbé Lebeuf a prouvé combien cette assertion était erronée.

Cet auteur, ainsi que Jaillot, se sont livrés, à ce sujet , à des recherches dont les résultats prouvent que l’église de Saint-Landri était dans l’origine une chapelle dédiée à saint-Nicolas. Lors des ravages des Normands sous la seconde race, les prêtres de Saint-Germain-l’Auxerrois (alors Saint-Germain-le-Rond), qui conservaient le corps de saint-Landri, l’un des patrons de leur église, voulant mettre leurs reliques, et les châsses précieuses qui les renfermaient, à l’abri des Barbares, les transportèrent dans la chapelle de Saint-Nicolas, qui était comme un lieu de refuge à cause de sa situation dans l’île de la Cité. Les Normands s’étant retirés, les prêtres de Saint-Germain laissèrent une partie de leurs reliques à la chapelle de Saint-Nicolas, qui, dès lors, prit le nom de Saint-Landri.

Jaillot cite le plus ancien monument qui fasse mention de cette église; c’est une charte de Maurice de Sully pour l’abbaye d’Hérivaux, souscrite par Jean, prêtre de Saint-Landri, en 1160. Des lettres de 1171 du même Maurice de Sully, confirment la vente que le prêtre et les paroissiens de Saint-Landri avaient faite d’une vigne en Laas moyennant 20 livres, qui devaient être employées à la réparation de la maison presbytérale.

Il y eut quelques discussions entre l’église cathédrale et celle de Saint-Germain-l’Auxerrois, au sujet du droit de nomination à la cure de Saint-Landri. L’église de Saint-Germain fut confirmée dans le droit de patronage, parce que Saint-Landri occupait un terrain qui faisait partie de sa censive.

L’église de Saint-Landri n’ayant plus, en 1408, les reliques de son patron, qui lui avaient été autrefois données, Pierre d’Orgemont lui accorda une partie de celles que l’on conservait à Saint-Germain-l’Auxerrois, lorsque cet évêque transféra ces reliques dans une nouvelle châsse.

Saint-Landri fut rebâti vers la fin du XVe siècle. Les autels furent bénits le 29 septembre 1477; la dédicace ne fut faite qu’en 1660. Le bâtiment de cette église, peu étendu en longueur, et accompagné d’une aile de chaque côté, était d’une forme carrée à l’extérieur.

On voyait dans cette église les statues de Jean Dauvet , premier président du parlement, mort en 1471, et celle de sa femme; un tombeau au nom et aux armes de Boucherat , élevé par les soins du chancelier lui-même, mais qui ne reçut point son corps (Boucherat fut inhumé, à sa mort, en 1686, dans l’église de Saint-Gervais); la sépulture de Jacques Leroy, archevêque de Bourges; l’épitaphe du magistrat Broussel, surnommé le Patriarche de la Fronde et le Père du peuple; enfin le tombeau de Girardon et de sa femme Catherine Duchemin, exécuté sur les dessins de Girardon, lors de la mort de sa femme, par deux de ses élèves, Lorrain et Nourrisson. Ce monument se compose d’un sarcophage de marbre vert surmonté d’une croix, au pied de laquelle on voit une Vierge debout levant les yeux au ciel, avec l’expression de la résignation; plus bas est étendu le corps du Christ : des anges sont en adoration autour de la croix. Ce tombeau, déposé pendant la révolution au Musée des monuments français, fut transporté, en 1817, dans l’église de Sainte-Marguerite. On trouve dans cette sculpture les défauts et quelques unes des beautés qu’offrent les nombreux ouvrages de Girardon.

Les fonts baptismaux de Saint-Landri, ouvrage de Lapierre, marbrier, passaient pour les plus beaux de Paris. Ils avaient été donnés à l’église, en 1705, par le curé, M. Garçon. Ils étaient formés d’un bloc de porphyre, taillé en cuvette d’une grande dimension; les charnières et les ornements étaient de bronze doré.

L’église de Saint-Landri fut supprimée pendant la révolution; le bâtiment, devenu propriété particulière, fut entièrement démoli en 1829. Les fouilles que l’on exécuta dans les fondations amenèrent la découverte de plusieurs antiquités.

En fouillant le sol pour établir les fondations d’une maison construite en 1829 sur l’emplacement de l’église Saint-Landri, dans la Cité, on rencontra, à dix pieds de profondeur, une muraille à peu près parallèle au cours de la Seine et faisant très probablement partie d’une ancienne enceinte de la cité. Cette muraille, d’une épaisseur de six pieds, était presque entièrement formée de débris de pierres dont les faces étaient ornées de bas-reliefs. […] On a recueilli sur le même point des vases, des lampes, un amas d’ossements d’hommes et d’animaux qui ont été transportés aux catacombes, et enfin douze médailles presque toutes romaines et la plupart frustes, dont la plus ancienne est d’Antonin-Ie-Pieux, et la plus récente du tyran Maxime, qui régna dans les Gaules depuis l’an 383 jusqu’en 388. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : n°1 : Hoffbauer, Eglise Saint-Landry vers 1810 d’après un dessin communiqué par M. Romain Boulenger, 1875 -1882.

eglise-saint-landry