ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Exécution Raoul Rigault (Commune de Paris 1871)

Commune de Paris 1871

Adresse : 6 Rue Gay-Lussac, 75005 Paris

Son domicile était au 29 de la rue Gay-Lussac.

24 mai 1871

Raoul Rigault, tombait sous les balles des Versaillais.
Il avait assiste à tout l’engagement et portait l’uniforme de commandant du 114e bataillon, qu’il avait revêtu pour la bataille. Il frappait à la porte de son domicile, rue Gay-Lussac, quand des chasseurs, voyant un officier, firent feu sur lui sans l’atteindre. La porte s’ouvrit, Raoul Rigault entra et les soldats, arrivant au pas de course, se précipitèrent à sa suite dans la maison. Ils s’emparèrent d’abord du propriétaire, M. Chrétien, qui au bruit était sorti ; mais son identité fut vite établie par les locataires.
A peine sauvé, il s’empressa de livrer Rigault. Voici son témoignage, tel qu’il résulte d’une lettre qu’il envoya le 29 mai au Siècle :
« Entendant qu’on le poursuivait, Raoul Rigault monta au sixième étage, où je le rejoignis en lui disant qu’il lui fallait descendre ou
que je serais fusillé à sa place. Il m’offrit de fuir sur les toits, ce que je refusai : alors il me dit : « Je ne suis ni un e…… ni un lâche, et je descends. »
Je suis descendu chercher les chasseurs qui sont montés, et on l’a arrêté au deuxième étage.

Raoul Rigault s’est présenté eu disant :
« Me voilà ! C’est moi ! » en se frappant la poitrine ; et il a remis au caporal son épée et son revolver.

Les soldats l’entraînèrent. On l’amena au Luxembourg, où la cour martiale s’installait. A la hauteur de la rue Royer-Colard, l’escorte rencontra un colonel d’état-major, qui s’informa du nom du prisonnier. Rigault pouvait prolonger sa vie en se nommant. La prise d’un tel personnage était trop importante pour que les Versaillais l’eussent mis immédiatement à mort.
Mais il dédaigna de demander un répit qu »il n’aurait pas accordé lui-même, et il répondit d’une voix éclatante :
« Vive la Commune! A bas les assassins.’ »
Aussitôt il fut acculé contre le mur et passé par les armes.

Son corps, revêtu d’un pantalon noir, d’une tunique d’officier ouverte et laissant voir un gilet noir, resta pendant vingt-quatre heures abandonné à l’entrée de la rue Royer-Colard, gisant dans une mare de boue et de sang. « La tête, encadrée par les cheveux et la barbe que le sang avait collés, était affreuse à voir. Tout le côté gauche de la figure, écrasé, ne formait qu’une plaie où l’oeil gauche et la cervelle se confondaient dans un mélange noirâtre; l’oeil droit, ouvert, hagard, gardait une affreuse fixité. »
Ce ne fut que dix jours après que son corps fut rendu par les soldats et enterré au cimetière Montmartre.

Source :
Les huit journées de mai derrière les barricades, Lissagaray, 1871

Raoul Adolphe Georges Rigault, né le 16 janvier 1846 à Paris où il est mort le 24 mai 1871, est un journaliste et homme politique français, surtout connu pour son rôle durant la Commune de Paris de 1871.
Après le début du soulèvement communaliste, il est nommé le 20 mars à la tête de la préfecture de police. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune par le VIIe arrondissement. Le 29 mars, il est nommé à la tête de la Commission de Sûreté générale.

Dessin : Pilotell — Mort de Raoul Rigault

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