LIEU HISTORIQUE

Fontaine Boucherat

Les fontaines de Paris

Adresse : 122 Rue Charlot, 75003 Paris, France

« La fontaine Boucherat fut élevée vers l’an 1697, sur un terrain cédé à la ville par Philippe de Vendôme. L’inscription dont elle était autrefois décorée pourrait, au besoin, servir à constater l’époque de sa construction. Elle y fut placée lors de son achèvement, et elle fait allusion à la paix de Riswick, que la France venait de conclure avec les Allemands, les Anglais, les Hollandais et les Espagnols.

FAUSTA PARISIACAM, LODOICO REGË, PER URBEM PAX UT FUNDET OPES, FONS ITA FUNDIT AQUAS.

«De même que l’heureuse paix, conclue par Louis, répandra l’abondance dans la ville de Paris, ainsi cette fontaine lui prodigue ses eaux. »

Placée à l’angle des deux rues, et sur une espèce de place ou de carrefour triangulaire, que forment les rues de Vendôme, Chariot et Boucherat, cette fontaine se trouve très convenablement située. La fontaine, et la rue où elle est située, furent appelées Boucherat, du nom d’un chancelier intègre qui avait succédé à ce fameux Letellier, qui, quelques jours avant sa mort, signa avec tant de joie la révocation de l’édit de Nantes.

Si la fontaine Boucherat n’offre rien de bien remarquable sous le rapport de l’art , elle ne présente du moins aucun des défauts communs aux autres fontaines. Son aspect est simple; elle n’est point surchargée d’ornements inutiles; ses proportions sont bien en rapport entre elles. Elle se compose d’une façade qui, dans sa hauteur, a le double environ de sa largeur, et est décorée au milieu d’une niche peu profonde. De chaque coté sont des pieds-droits ornés de refends, et qui supportent un fronton triangulaire dans le tympan duquel étaient sculptées les armes de la ville. Entre ce fronton et la niche est une table un peu en saillie où l’inscription était autrefois gravée. Enfin, derrière le fronton s’élève un petit attique qui termine ce monument.

Les eaux de la pompe à feu de Chaillot, après avoir traversé une grande partie de la capitale, viennent alimenter cette fontaine, d’où elles sortent par un simple robinet. »

Source : A. Duval, Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles, Ed Bance aîné, 1828, Paris.

Source photographie : Mbzt

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