ÉVÉNEMENT HISTORIQUE

Garage Ruhlmann (Disparu)

Libération de Paris

Adresse : 7 Rue des Morillons, 75015 Paris

A cet emplacement existait le garage de Monsieur Ruhlmann.

Plusieurs événements s’y dérouleront en août 1944. (Cliquez sur la liste des événements)

Le garage sera réquisitionné le 7 octobre 1944, puis utilisé par la SGACC à partir de 1948.

20 août 1944

Le 20 août 1944 dans la matinée le gardien de la paix Philippe Chevrier prend provisoirement le commandement du groupe FFI de la compagnie en l’absence du gardien Chasset.

Il connaît un garage gardé par quatre soldats allemands seulement. Il y a certainement du matériel à récupérer, ce sera facile. L’opération est décidée, les hommes sont désignés. Le gardien Germain Bedeau prendra le volant de la voiture réquisitionnée dans la cour de la Préfecture, le gardien Albert Daumet, les FFI Louis Collomb, Charles Descours et Vincent Finidori seront de l’équipe avec comme armement deux fusils, deux revolvers et quelques grenades.

Le départ est fixé en début de soirée. Mais devant le garage la voiture est accueillie par une vingtaine de soldats allemands qui la stoppe et font descendre les hommes sous la menace de leurs mitraillettes.

Ils sont traînés à l’intérieur du garage et alignés contre un mur. Louis Collomb comprend immédiatement la situation et tente le tout pour le tout. Il fonce tête baissée vers la sortie et parvient à s’enfuir. Quand les coups de fusil claquent il est déjà loin. Les Allemands se retournent vers leurs prisonniers et ouvrent le feu. Daumet, blessé à l’épaule, tombe et fait le mort ; Chevrier, Finidori, Descours et Bedeau sont mortellement atteints. Un employé du garage, Jean Gauthier, indiquera lors de son interrogatoire que parmi les Allemands il y avait un certain caporal Eric Scherwitz et un ex-milicien passé à la Waffen SS du nom de Dupuis ; il précisera que Raymonde Dupuis, maîtresse de Scherwitz, a assisté à l’exécution.

Avec les autres soldats ils passeront la nuit à fumer, à manger et à boire près des cadavres.

21 août 1944

Vers cinq heures du matin Daumet décide de tenter sa chance :

« Je jette un regard entre les cadavres. C’était l’aube. Je vois les silhouettes des Boches devant la porte, ils fument.

Lentement j’essaie de remuer les jambes, les bras qui ne veulent plus m’obéir. Enfin je me glisse et, d’un seul bon, je saute à travers la porte en bousculant les hommes. Ils ont été saisis d’abord mais j’étais à cinquante mètres quand les coups de feu ont commencé à pleuvoir; une balle m’atteint au côté, c’est ma plus mauvaise blessure; je surmonte ma douleur, je tourne à la première rue. Là, un Français qui guettait les Allemands me prend pour l’un d’eux, tire et me blesse à la jambe. Je tourne la première rue à droite, les forces me lâchent, je tombe sur le trottoir. J’entends les Allemands qui courent après moi, des coups de feu échangés. En rampant je les dépiste et je tombe, sans le savoir, derrière l’hôpital Vaugirard où on m’a opéré tout de suite »;

A 10h55, le poste de police du 15ème répond qu’il n’y a eu aucun tué la veille au soir rue des Morillons.

Les Allemands se sont employés à faire disparaître toute trace de la fusillade. Ils ont mis les quatre cadavres dans des caisses de bois et les ont amenés au stand de tir d’Issy-les-Moulineaux pour les y enterrer.

C’est là qu’ils seront découverts début septembre.

Source :
http://liberation-de-paris.gilles-primout.fr/
Gilles Primout

Garage Ruhlmann (Disparu)