LIEUX HISTORIQUE

Hôpital des Enfants Rouges ( Emplacement – Entrée )

Hôpital

« Cet hôpital, situé rue Porte-Foin au Marais, fut fondé par Marguerite de Valois, reine de Navarre, et son frère, François Ier. La maison fut achetée en 1534, des deniers du roi, à maîtres Simon Machault et Denis Picot, tous deux auditeurs de la chambre des comptes; et deux ans après, François Ier donna des lettres-patentes dans lesquelles il se déclara fondateur de cet établissement; il ordonnait en outre qu’on y reçût tous les enfants trouvés à l’Hôtel-Dieu, à l’exception de ceux qui étant nés et baptisés à Paris, qui devaient être transférés à l’hôpital du Saint-Esprit, et les bâtards qui étaient élevés par le chapitre de Notre-Dame. Ces orphelins reçurent le nom d’Enfants-Dieu; mais comme ils étaient habillés de drap rouge, en signe de charité, le peuple les appela Enfants-Rouges, surnom qui leur resta.

A peine cet établissement était-il formé, que François Ier ordonna la réunion des Enfants-Rouges à l’hôpital du Saint-Esprit. L’arrêt du 23 janvier 1539, qui constate celte volonté du roi, n’en apprend point les motifs. Ce changement n’eut pas lieu ou fut de peu de durée; car, le 20 mai 1542, des lettres-patentes du roi organisèrent l’administration de l’hôpital des Enfants-Dieu orphelins, près le Temple. Dans la suite, par édit du mois d’octobre 1576, on choisit cette maison pour y établir l’hôpital de la Charité chrétienne de Nicolas Houel, transféré depuis au faubourg Saint-Marcel.

A l’époque où Dubreuil écrivait son Théâtre des antiquités, on voyait encore les bâtiments élevés sous le règne de François Ier; mais cet hôpital fut reconstruit des aumônes des gens de bien. Les vitres de la chapelle étaient ornés de différentes peintures: « le Sacrifice d’ Abraham ; le roi et la reine introduisant les enfants; les Innocents; les trois enfants en la fournaise; l’entrée de Nôtre-Seigneur en Jérusalem; Jésus montrant un enfant aux apôtres pour exemple de simplicité ; les femmes offrant leurs enfants à Notre-Seigneur : toutes lesquelles histoires ont été ainsi disposées par un homme docte et adaptées aux pauvres Enfants-Rouges. » On voyait dans la chapelle la sépulture de Jean Megret, président à mortier au parlement sous François 1er, et celle de Nicolas de Beauclerc, conseiller du roi et trésorier général des finances à Paris, mort en 1602. Dubreuil rapporte aussi l’épitaphe latine d’Antoine Briçonnet, mort en 1605, et qui avait rempli plusieurs fonctions importantes. Cet hôpital fut supprimé par lettres-patentes du mois de mai 1772, enregistrées au parlement le 5 juin suivant. Les orphelins furent transférés à l’hôpital des Enfants-Trouvés, auquel on réunit les biens de celui des Enfants-Rouges. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : www.google.fr/maps

Hôpital des Enfants Rouges ( Emplacement - Entrée )