LIEUX HISTORIQUE

Conciergerie

Palais de Justice

Adresse : Conciergerie, 2 Boulevard du Palais, 75001 Paris

L’emplacement de la Conciergerie occupe le rez-de-chaussée ou, pour parler plus exactement, le sous-sol du palais de Justice, le long du quai de l’Horloge, depuis la Tour carrée jusqu’à la cotir du Dépôt. Elle comprend des restes très importants du Palais de Saint-Louis, entre autres la salle dite des Cuisines et la salle Saint-Louis, prodigieux enchevêtrement d’ogives, de colonnes et de piliers, qu’on n’est plus admis à visiter, mais qu’on peut entrevoir des grilles à jour ménagées à cet effet. On y distingue de curieuses cheminées du XIIIe siècle. Elles sont situées à la gauche du visiteur lorsqu’il franchit l’enceinte de la Conciergerie par la porte ogivale qui ouvre sur le quai de l’Horloge.

L’entrée de la prison est à droite ; on trouve d’abord le grand guichet, qui est l’ancienne est l’ancienne salle de gardes de saint Louis ; puis, sous la tour d’Argent, l’ancien cabinet du directeur, qui fut la chambre de la reine Blanche. Le greffe vient ensuite, au rez-de-chaussée de la tour de César, et au-dessus le cabinet actuel du directeur. La liste des prisonniers célèbres qui passèrent par la Conciergerie serait bien longue à établir, depuis le connétable d’Armagnac jusqu’au prince Napoléon (janvier 1883). On y voit encore les cachots de Damiens, Ravaillac, de Lacenaire, d’André Chénier, de Mme Roland et de Robespierre. Mais le nom qui domine ici tous les souvenirs, qui change la curiosité banale en un culte pieux, c’est le la reine Marie-Antoinette.

Après une captivité de près d’une année dans la tour du Temple, la reine fut amenée le 5 août 1792 à la Conciergerie et incarcérée dans un local étroit et sombre qui s’appelait la salle du Conseil, éclairée sur la cour par une petite croisée de barreaux et donnant sur « la cour des Femmes ». Cette salle du Conseil avait été précédemment divisée en deux par une cloison, qu’on avait enlevée ; dans les rainures de cette cloison on fixa un paravent qui dérobait la reine pendant son sommeil aux deux gendarmes qui avaient ordre de ne pas la perdre de vue de jour ou de nuit. La fille des Césars sortit de son cachot le 15 octobre 1793, vêtue de noir, pour comparaître devant le Tribunal révolutionnaire, et le lendemain 16 octobre, vêtue de blanc, pour monter dans la charrette qui la conduisait à la guillotine dressée sur la place Louis XV.

Ce cachot historique, qui ne contiendrait pas les larmes qu’il a fait répandre, et qu’il fallu murer pour ensevelir la mémoire d’un crime indigne de la nation française, fut transformé en chapelle par ordre de Louis XVIII en 1816 ; un autel, dressé par l’architecte Peyre Neveu, porte une inscription latine composée par le roi lui-même.
Près du cachot de la reine se trouve l’ancienne chapelle, qu’on appelle aujourd’hui la salle des Girondins, parce qu’ils y ont, dit-on, passé leur dernière nuit. Nous ne rappelons pas la légende de leur dernier banquet ; tout le monde sait aujourd’hui qu’elle a été inventée de toutes pièces par Charles Nodier, fécond en mystifications de ce genre.

Source:
Paris, 450 dessins inédits d’après nature, paru en 1890

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