LIEU HISTORIQUE

Pompe du pont Notre-Dame (Disparue – Emplacement)

Lieu disparu

Adresse : 198 Pont Notre Dame, 75004 Paris, France

« En 1669, Daniel Jolly, chargé de la direction de la Samaritaine, proposa d’établir au pont Notre-Dame une machine semblable. Il se chargea d’élever trente à quarante pouces d’eau de la rivière pour la somme de 20 000 livres. Cette proposition fut acceptée, et cette pompe donna trente pouces d’eau en 1671. Un autre mécanicien, Jacques Demance, éleva en même temps une seconde machine, composée de huit corps de pompe, qui fut placée au-dessous du même pont et qui donna cinquante pouces d’eau. Ces pompes étaient renfermées dans un bâtiment dont la porte était assez remarquable : on y voyait un Fleuve et une Naïade, deux chefs-d’œuvre de Goujon, qui avaient appartenu à un édifice du Marché-Neuf, démoli pour agrandir cette place. Au-dessus était un médaillon de Louis XIV et une inscription de Santeul, dont voici la traduction par le grand Corneille : Que le Dieu de la Seine a d’amour pour Paris ! Dès qu’il en peut baiser les rivages chéris, De ses flots suspendus la descente plus douce Laisse douter aux yeux s’il avance ou rebrousse. Lui-même à son canal il dérobe ses eaux Qu’il y fait rejaillir par de secrètes veines; Et le plaisir qu’il prend à voir des lieux si beaux, De grand fleuve qu’il est le transforme en fontaines.

Ces constructions furent réparées en 1678 et 1708. La pompe du pont Notre-Dame donne encore aujourd’hui soixante-dix pouces d’eau de la Seine.

La construction de la pompe du pont Notre-Dame, en procurant aux différents quartiers de Paris une plus grande quantité d’eau, nécessita l’accroissement des fontaines. Nous avons vu plusieurs fois que les concessions d’eau, dont le gouvernement se montrait si prodigue, étaient funestes aux besoins du public; on les révoqua en grande partie sous le règne de Louis XIV. Enfin, lorsque les machines hydrauliques de Jolly et de Demance furent en fonction, un arrêt du conseil d’État, du 22 avril 1671, ordonna qu’il serait établi des conduites nouvelles pour la distribution des eaux; qu’une fontaine serait construite au faubourg Saint-Marcel, une autre au faubourg Saint-Victor; que la fontaine située près de l’église des Carmes serait transférée dans la place Maubert; qu’on en construirait une sur la place du Palais-Royal, une autre au-dessus de l’église Saint-Roch, et une troisième dans la rue Richelieu, toutes alimentées par les eaux de Sa Majesté; que les eaux provenant des sources du pré Saint-Gervais fourniraient à deux nouvelles fontaines établies, l’une aux Petits-Carreaux et l’autre contre le mur des Petits-Pères, rue du Mail : que celles que fournissent les pompes du pont Notre-Dame seraient placées au carrefour de Bussy, au petit marché du faubourg Saint-Germain, au carrefour de la Charité (rue Taranne), à la Croix-Rouge, dans le même faubourg; sur la place du collège des Quatre-Nations, sur la place Dauphine, sur la place de la Bastille, enfin au bas de la rue Saint-Martin. Mais cet arrêt important ne fut pas exécuté en entier, et au lieu de quinze fontaines nouvelles, il n’en fut établi que neuf. Celle qui devait être placée près de l’église Saint Roch le fut près du couvent des Capucins, et la fontaine destinée à la place du collège des Quatre-Nations fut établie sur le quai Conti : ce n’était qu’une bouche d’eau qui fut abandonnée au bout de quelques années. Cependant le nombre des fontaines s’augmenta peu à peu sous ce règne, et on en compte près de trente. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

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