LIEUX HISTORIQUE

Pont Notre-Dame

Pont

Adresse : Pont Notre-Dame 75004 Paris

Le premier fut construit par les Romains sur le Cardo Maximus, grand axe qui traversait la ville du Nord au Sud.
Celui que vous pouvez voir est le cinquième.

Reliant le quai de Gesvres au quai de la Corse sur l’île de la Cité. Il mesure 106 m de longueur pour une largeur de 20 m, ses cinq arches initiales ayant été réduites à trois en 1912, dont une arche centrale métallique de 60 m.
En 886, le siège de Paris et les attaques normandes le condamnent, et il est remplacé par un pont de planches jeté sur les anciennes piles de bois auxquelles sont fixés des moulins à grains : on le nommait le pont que l’on passe à planche, le pont de la planche Mibray ou les Planches de Mibray, qui tiendront jusqu’aux inondations de 1406.

Le 30 mai 1413, Charles VI baptise le nouveau pont de Notre-Dame, un ouvrage de bois reliant l’île de la Cité à la rue de la Planche-Mibray sur dix-sept rangées de piles.

Le 25 octobre 1499, lors d’une crue de la Seine3, le pont Notre-Dame s’entrouvrit et les maisons s’écroulèrent.

En 1500, on décide alors de le reconstruire en pierre de taille, en le dotant de six grandes arches de six-sept mètres d’ouverture, sous la direction de l’architecte italien Giovanni Giocondo

Le 25 octobre 1499. Jean Joconde, l’illustre architecte de l’ancienne Cour des comptes, qui avait déjà présidé à la reconstruction du Petit Pont, fut chargé des travaux du pont Notre-Dame, qu’il bâtit en pierres et qu’il acheva en 1512.
Soixante-dix maisons, dix de plus qu’à l’ancien, chargèrent le nouveau pont Notre-Dame ; elles étaient démolies depuis 1786, en vertu de lettres patentes du 22 avril 1769, lorsque la Révolution fit de la cathédrale le temple de la Raison, nom que le pont de Joconde dut partager avec son église patronale.
Aux quatre maisons qui formaient les extrémités du pont Notre-Dame, on avait construit des niches où l’on avait placé d’un côté les statues de Louis XIII et d’Henri IV, de l’autre celles de saint Louis et de Louis XlV. On les retrouve presque intactes au musée du Louvre, dans les salles consacrées à la sculpture de la Renaissance. Au milieu du pont s’élevait un bâtiment, renfermant deux pompes servant à élever l’eau de la rivière, et dont le front était décoré d’un médaillon de Louis XIV, de deux autres figures et d’une inscription latine composée par Santeul. Ces ouvrages, édifiés en 1670, n’ont été supprimés qu’en 1855. Les pompes, en aspirant l’eau de la Seine sous la maîtresse arche, y déterminaient un courant torrentiel aussi pittoresque pour la vue qu’assourdissant pour les oreilles, et qui rendait la navigation du fleuve aussi périlleuse à la montée qu’à la descente. Cependant on ne les a fait disparaître qu’après les avoir suppléées dans le service des eaux de Paris par d’autres machines élévatoires installées dans le cours supérieur de la Seine.
Totalement reconstruit en 1853, sur les plans de MM. de la Galliserie et Darcel.
Il n’a que cinq arches de 17 m à 19 m d’ouverture, son tablier est abaissé de 2,7 m. À la suite de nombreux accidents fluviaux qui y ont lieu (pas moins de 35 entre 1891 et 1910), il se voit baptiser le pont du Diable.
Par souci d’économie, le pont de 1852 avait conservé les fondations des cinq piles du pont construit en 1500. Toutefois le dessin des nouvelles piles ne s’accordait pas avec la direction du courant à cet endroit ce qui provoquait de nombreux accidents de navigation. Pour remédier au problème, le service des ponts de Paris a donc décidé de reconstruire le pont.
Ce nouvel ouvrage, conçu par Jean Résal, déjà concepteur du pont Mirabeau et du pont Alexandre-III, a été réalisé par l’entreprise Daydé & Pillé sous la direction de M. Drogue, ingénieur en chef des ponts et chaussées, et de M. Aron, ingénieur des ponts et chaussées.
Le pont a été inauguré en 1919 par Raymond Poincaré, président de la République.

Source : A. Vitu, Paris: 450 dessins inédits d’après nature, Ed Quantin, 1890, Paris.

F. et L. Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Bureau de la Revue Municipale, 1855, Paris.

A. Gabourg, Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Ed. Gaume Frères et J. Duprey 1865, Paris.

Philippe Krief, Paris Rive Droite, Paris, Massin, coll. « Petites histoires et grands secrets », 2004

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