LIEUX HISTORIQUE

Schola Cantorum (Ex : Couvent des Bénédictins Anglais)

École

Adresse : 269 Rue Saint-Jacques, 75005 Paris, France

« La persécution excitée contre les catholiques par Jacques VI, successeur d’Élisabeth, forcèrent à l’exil les bénédictins établis en Angleterre. Ils se retirèrent à Dieulouard en Lorraine, et formèrent en même temps un établissement à Douai, qui était alors sous la domination espagnole. C’est vers ce temps-là (en 1611), qu’ils furent appelés par Marie de Lorraine, abbesse de Chelles, pour diriger son monastère, et qu’elle conçut le projet de leur procurer un établissement à Paris, tant pour y former des sujets propres à veiller sur sa communauté, que pour faire des missions en Angleterre.

Elle en fit venir six qu’elle plaça d’abord, en 1615, au collège de Montaigu, et ensuite dans le faubourg Saint-Jacques; mais le refus qu’ils firent, en 1618, de se prêter à une nouvelle translation, les brouilla avec leur bienfaitrice. Dans l’extrémité où ils se trouvèrent alors réduits, ces religieux furent secourus par le P. Gabriel Gifford, alors chef des trois congrégations italienne, espagnole et anglaise, qu’on avait réunies, en 1617, sous le nom de Congrégation bénédictine anglaise; il pourvut à leurs besoins, et loua pour eux, rue de Vaugirard, une maison qui se trouve aujourd’hui comprise dans les bâtiments du Luxembourg. Six ans et demi après, ils furent transférés dans la rue d’Enfer; ils logèrent ensuite dans une maison que les Feuillantines avaient habitée; enfin le P. Gifford, étant devenu archevêque de Reims, acheta pour eux, au même endroit, trois maisons avec jardins, sur l’emplacement desquelles on construisit le monastère qu’ils ont occupé jusque dans les derniers temps.

Ces religieux obtinrent, en 1642, de l’archevêque de Paris, la permission de s’y établir et de célébrer l’office divin dans leur chapelle, ce qui fut confirmé par des lettres-patentes de Louis XIV. Ce prince qui les protégeait leur en accorda bientôt de nouvelles, par lesquelles il leur permit de posséder des bénéfices de leur ordre ainsi que les religieux nés dans le royaume, et attribua au grand-conseil la connaissance de toutes les affaires qui pourraient les concerner.

En 1674 on démolit l’ancienne maison et la salle qui leur servait de chapelle, pour construire de nouveaux bâtiments et commencer l’église qui existait encore de nos jours. La première pierre en fut posée par mademoiselle Marie-Louise d’Orléans, depuis reine d’Espagne, et le roi contribua à la dépense, d’une somme de 7 000 francs. Cette église fut achevée et bénite le 28 février 1677, sous le titre de Saint Edmond, roi d’East-Angle, c’est-à-dire de la partie orientale de l’Angleterre. Le P. Schirburne, alors prieur de la maison de Paris, à qui l’on devait en grande partie ces constructions, ayant été élu général de la congrégation, ajouta encore à ses bienfaits en obtenant l’union à cette communauté de son prieuré de Saint-Étienne de Choisy-au-Bac. La reine Anne d’Autriche fut aussi une des bienfaitrices les plus zélées de l’établissement.

L’église de ce monastère était petite, mais bien ornée. On vantait la décoration du grand autel, et la menuiserie des stalles des religieux.

Dans l’une des chapelles on voyait une Vierge peinte par la princesse palatine, Louise de Bavière, abbesse de Maubuisson, qui donnait à la peinture tous les loisirs que lui laissaient ses pieuses fonctions. Cette princesse était petite-fille de Jacques Ier, roi d’Angleterre. Un tableau sans nom d’auteur, représentant saint-Edmond, martyr, était placé sur le maître-autel.

Dans cette église était déposé le corps de Jacques II, roi de la Grande-Bretagne, mort à Saint-Germain-en-Laye, le 6 septembre 1701, ainsi que celui de Louise Marie-Stuart, sa fille, morte au même lieu, le 18 avril 1712.

La maison de Fitz-James avait aussi sa sépulture dans cette église. Après la suppression des couvents en 1790, les bâtiments de ces monastères sont devenus propriété particulière, et sont occupés aujourd’hui par une filature de coton. »

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

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