LIEUX HISTORIQUE

Second théâtre de l’Ambigu-Comique (Disparu)

Théâtre

Adresse : 2 Boulevard Saint-Martin, 75010 Paris, France

« Nicolas Médard Audinot, acteur et auteur de la Comédie-Italienne, s’étant retiré de la scène, en 1767, à l’occasion d’un passe-droit, établit deux ans après, à la foire Saint-Germain, un jeu de bamboches ou comédiens de bois, dont chaque personnage représentait fidèlement un acteur du théâtre italien. Ce spectacle ayant obtenu la vogue, Audinot se transporta au boulevard du Temple, où il avait fait construire une petite salle, et y donna des représentations de ses bamboches, accompagnées de petits ballets d’enfants (juillet 1769). Puis l’année suivante il prit le titre d’Ambigu-Comique, et remplaça ses acteurs en bois par de jeunes enfants, qui jouaient des comédies en prose et en vers, des farces, des pantomimes, des ambigus-comiques, et représentaient de très jolis divertissements. Cette entreprise eut un tel succès, qu’en 1782 on fut obligé d’agrandir la salle. Plusieurs fois la troupe d’Audinot fut appelée à la cour, elle fit même partie des fêtes théâtrales données à Choisy, en 1772, et l’année suivante les Enfants de l’Ambigu-Comique allèrent encore jouer devant la cour à Montargis, lors du passage de la comtesse d’Artois. Il fallait que ce théâtre gagnât immensément, car les dépenses y étaient excessives. Nous lisons dans les registres de l’ancien Opéra, publiés par la Revue rétrospective, à l’article des redevances des divers spectacles forains qu’Audinot payait à l’Opéra, en 1784, 36 livres par représentation, et l’année suivante, cette rétribution fut portée à la somme énorme de 30 000 livres par an. Mais cet impôt permit au directeur d’agrandir son spectacle qui ne cessa point de prospérer, malgré les obstacles que lui suscitèrent pendant long temps MM. les comédiens du roi. Audinot avait placé son nom dans la devise inscrite sur le rideau de scène : Sicut infantes audinos (Cette inscription ne peut se comprendre qu’en ajoutant qu’elle fut mise lorsque des acteurs véritables remplacèrent les enfants.). On connaît le joli vers de Delille sur ce théâtre : Chez Audinot, l’enfance attire la vieillesse,

Audinot se retira au commencement de la révolution avec une honnête aisance. Ses successeurs ne furent pas aussi heureux, et vers 1798 le théâtre de l’Ambigu-Comique, qui était devenu un grand théâtre, allait de mal en pis, lorsqu’un acteur, nommé Corse, en prit la direction. Il mourut en 1816, laissant environ deux millions de fortune. Le théâtre de l’Ambigu, après avoir existé plus d’un demi-siècle, devait finir comme finissent presque toutes les salles de spectacle, par le feu. Il fut incendié dans la nuit du 13 au 14 juillet 1827 (Sur son emplacement on a construit le théâtre des Folies dramatiques.). On acheta alors un hôtel qui avait appartenu à M. de Jambonne, rue de Bondy, au coin du boulevard Saint-Martin, et le 7 juin 1829 un nouveau théâtre de l’Ambigu fut inauguré de la manière la plus brillante. Madame la duchesse de Berri, cette protectrice infatigable des artistes, assistait à la représentation. La salle, construite par MM. Hitorf et Lecointe, est une des plus jolies de la capitale.

Après diverses chances de bonheur et d’adversité, le théâtre de l’Ambigu-Comique, qui joue le drame à grand spectacle et le vaudeville, est, au moment où nous écrivons, dans une assez belle voie de succès.»

Source : J. de Gaulle, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, Ed P. M. Pourrat frères, 1839-1841, Paris.

Source photographie : Chapuy, Second théâtre de l’Ambigu-Comique, vers 1840.

Second théâtre de l'Ambigu-Comique ( Disparu )